des membres de l’école catholique Angélus jugés pour violences sur des élèves

Une multitude de témoignages d’enfants, mais aussi de professeurs et de bénévoles, laissent apparaître un quotidien d’humiliations, de châtiments corporels et de corvées pour certains élèves.

Un abbé, ex-directeur de l’école, et deux enseignants comparaîtront à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Bourges pour des violences commises sur des élèves de l’institution l’Angélus, une école privée catholique hors contrat située à Presly (Cher) et aujourd’hui fermée.

L’abbé Régis Spinoza est poursuivi pour des violences avec une ITT de plus de huit jours commises sur un mineur et pour des violences sans ITT commises sur plusieurs enfants. Placé sous contrôle judiciaire à la suite de sa mise en examen en juin 2017, l’homme d’église, présumé innocent, encourt une peine maximum de dix ans de prison.

Une multitude de témoignages d’enfants, mais aussi de professeurs et de bénévoles, ont été recueillis par les enquêteurs, laissant apparaître un quotidien d’humiliations, de châtiments corporels et de corvées pour certains élèves.

Les enfants pouvaient rester toute une journée, voire plusieurs jours et même plusieurs semaines sur une chaise, sans manger, à la vue de tous

Me Solange Doumic

Deux familles seulement se sont portées parties civiles, alors que l’instruction avait identifié 51 victimes. Selon Me Solange Doumic, l’avocate de trois enfants, M. Spinoza «avait ses têtes de turc». «Les enfants pouvaient rester toute une journée, voire plusieurs jours et même plusieurs semaines sur une chaise, sans manger, à la vue de tous», ajoute l’avocate. Si l’avocate de la défense, Me Ludivine Lamour, reconnaît des méthodes éducatives «strictes», elle réfute les violences.

Travail dissimulé

Outre l’abbé Spinoza, deux autres hommes, aujourd’hui âgés de 28 et 59 ans, se trouveront lundi dans le box des prévenus pour des violences moindres. Ils encourent trois ans de prison. Dans un autre volet de l’affaire, l’abbé est soupçonné d’avoir eu recours à du travail dissimulé au sein de l’établissement, notamment pour certains enseignants. La défense, elle, parle de «bénévolat» et «don de soi pour soutenir le projet».

Fermée depuis juin 2017, l’Angélus accueillait une centaine d’élèves, du primaire au lycée. Depuis la mise en examen de son ex-directeur, l’institution n’a jamais rouvert ses portes.

Le procès est prévu sur trois jours.

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